femme et homme bout a bout sur un canape

Crédit immobilier et divorce : comment se passe le remboursement du prêt ?

Un divorce ou une séparation, c'est déjà beaucoup à gérer. Quand un couple a acheté un logement ensemble au Luxembourg, la question du crédit immobilier arrive vite sur la table : qui continue à rembourser ? Que devient l'assurance du prêt ? On fait le point sur les options concrètes, les démarches bancaires et les implications sur votre assurance, pour aborder ce nouveau chapitre de votre vie avec un peu plus de sérénité.

Auteur : AXA LuxembourgDate de création : 21/09/2026

Le divorce a-t-il un impact sur votre crédit immobilier en cours ?

Le prononcé du divorce n'efface pas vos engagements bancaires. Le crédit immobilier continue de courir normalement pendant toute la procédure, et après, jusqu'à son remboursement complet.

Si vous avez signé l'offre de prêt à deux, en tant que co-emprunteurs, la clause de solidarité s'applique : elle vous lie à la banque, indépendamment de ce qui se passe dans votre vie personnelle. Le mariage peut se dissoudre, pas cet engagement contractuel.

Tout dépend de la façon dont le prêt a été souscrit à l'origine :

  • Prêt souscrit seul : vous restez l'unique responsable des mensualités, même si votre ex-conjoint a habité le logement.
  • Prêt souscrit à deux : vous êtes tous les deux tenus de payer l'intégralité des échéances, peu importe qui vit dans le bien aujourd'hui.

Notre conseil : prévenez votre banque et votre assureur dès que la procédure de séparation démarre. Vous pourrez ainsi anticiper les solutions de restructuration plutôt que de les subir.
 

Quelles sont vos 3 options pour rembourser le prêt après un divorce ?

Pour régler l'avenir du financement immobilier, vous avez trois solutions concrètes :

  • Vendre le bien immobilier : c'est la solution la plus courante. Le produit de la vente sert en priorité à rembourser le capital restant dû. S'il reste un solde positif, il est réparti entre vous selon votre contrat de mariage et votre régime matrimonial. Un point à vérifier avant de vous lancer : les éventuelles indemnités de remboursement anticipé (IRA) prévues dans votre contrat de prêt.
  • Racheter la part de l'autre (rachat de soulte) : vous souhaitez garder le logement ? Vous indemnisez votre ex-conjoint, puis vous faites transférer le crédit immobilier à votre seul nom. Il ou elle est ainsi libéré(e) de la dette.
  • Continuer à rembourser ensemble : vous restez co-emprunteurs et copropriétaires du bien, souvent via une convention d'indivision. Cette solution suppose une bonne entente et une vraie confiance mutuelle : le bien peut par exemple être loué pour couvrir les mensualités.

Rachat de soulte : comment calculer le montant à verser ?

La soulte, c'est la compensation financière que vous versez à votre ex-conjoint pour racheter sa part et devenir seul(e) propriétaire du bien.

Elle se calcule à partir de la valeur actuelle du bien sur le marché et du capital restant dû à la banque. Pour un partage à 50/50, la formule est simple :

Montant de la soulte = (Valeur estimée du bien − Capital restant dû) ÷ 2

Un exemple concret :
Vous possédez ensemble un appartement estimé à 700 000 €. Il reste 300 000 € à rembourser à la banque.

  • La valeur nette du patrimoine à partager : 700 000 € − 300 000 € = 400 000 €.
  • Si vous gardez le logement, vous devrez verser 200 000 € de soulte à votre ex-partenaire (400 000 € ÷ 2), et reprendre à votre seule charge les 300 000 € de crédit restant.

Avant de valider ce transfert et de libérer l'autre conjoint, la banque vérifiera soigneusement votre capacité financière et votre solvabilité, pour s'assurer que vous pouvez assumer seul(e) la charge de la dette.

Comment se désolidariser d'un crédit immobilier commun ?

Pour ne plus être engagé(e) sur une dette contractée à deux, il faut lancer une procédure de désolidarisation bancaire.

  • La demande écrite : vous et votre ex-conjoint transmettez ensemble une demande écrite de désolidarisation à votre banque. Celle-ci ouvre alors une étude approfondie du dossier de la personne qui reprend le crédit (revenus, stabilité professionnelle, taux d'endettement maximum).
  • Et en cas de refus ? La banque n'a aucune obligation d'accepter. Si elle estime les revenus insuffisants, elle peut refuser. Il reste alors des alternatives : apporter une garantie complémentaire (caution, hypothèque) ou faire racheter le crédit par un autre établissement bancaire. 

Tant que la désolidarisation n'est pas officiellement validée et actée par écrit par la banque, vous restez tous les deux solidairement responsables du paiement. 

Si la personne qui reprend le crédit fait défaut, l'autre peut être poursuivi(e) pour payer.

Et l'assurance solde restant dû (ASRD), que devient-elle en cas de divorce ?

L'ASRD est votre couverture décès-invalidité liée au prêt. Elle doit impérativement être ajustée dès que le crédit immobilier change de titulaire ou de structure.

Si vous reprenez seul(e) le bien et le crédit, votre ASRD doit passer à 100 % de quotité sur votre seule tête, afin que le capital soit intégralement couvert en cas de coup dur. La personne qui quitte le prêt verra, de son côté, ses garanties résiliées ou adaptées. C'est aussi le bon moment pour comparer les offres, et pourquoi pas, changer d'assureur pour optimiser vos primes.

Côté fiscalité luxembourgeoise, un point à valider avec votre conseiller fiscal : une nouvelle ASRD souscrite dans le cadre d'un rachat de crédit ou de soulte à la suite d’un divorce ne bénéficie généralement pas de la majoration exceptionnelle du plafond déductible réservée à la prime unique de première acquisition. Bon à savoir, pour éviter les surprises lors de votre déclaration d'impôts.

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Que faire en cas de désaccord entre ex-conjoints ?

Si la séparation est conflictuelle, il y a une règle d'or : ne jamais interrompre les paiements. Les mensualités du crédit immobilier doivent continuer d'être honorées à date fixe, tant qu'aucune solution juridique (vente ou rachat) n'est officiellement actée.

Le risque, si l'un de vous arrête de payer ? La banque peut se retourner immédiatement vers l'autre conjoint pour exiger le versement de 100 % de l'échéance, avec pénalités de retard et fichage bancaire à la clé. En cas de désaccord persistant sur le sort du bien ou sur le montant de la soulte, des recours existent : la médiation familiale ou, en dernier ressort, le juge aux affaires familiales.

Un dernier conseil : gardez précieusement toutes vos preuves de paiement et d'apports personnels effectués pendant la vie commune.

En cas de divorce, entourez-vous de professionnels pour vous conseiller sur votre crédit immobilier

Régler le sort d'un patrimoine immobilier demande plusieurs expertises croisées, pour sécuriser vos intérêts financiers et juridiques :

  • Le conseiller bancaire : indispensable pour analyser votre capacité d'emprunt individuelle et instruire le dossier de désolidarisation.
  • Le notaire : obligatoire pour authentifier le rachat de soulte, rédiger l'acte de partage et enregistrer les modifications soumises à la publicité foncière.
  • Le conseiller en assurance : essentiel pour recalculer les quotités et ajuster votre assurance solde restant dû à votre nouvelle situation de vie.

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