La santé se joue surtout dans le monde du travail
AXA Assurances Luxembourg

La santé se joue surtout dans le monde du travail

Sun Mar 23 2014

Les résultats du 1er Baromètre Santé AXA réalisé par TNS Ilres plus spécifiques sur les résidents
ayant une activité professionnelle ont été présentés lors du 8ème Forum Sécurité & Santé au travail
ce vendredi matin. Plusieurs messages importants ressortent de cette étude, première du genre au
Luxembourg. La prévention santé se jouant à l’âge adulte et l’individu passant la plus grande partie
de son temps « éveillé » au travail, l’employeur a donc un rôle essentiel à jouer pour influer sur les
comportements dans ce domaine. Une question stratégique qui fait évoluer la vision essentiellement
informative qui a généralement été adoptée jusqu’ici dans le monde professionnel, qu’il soit public ou
privé.
Le Forum Sécurité & Santé au travail qui se tenait hier et aujourd’hui au Kirchberg et qui rassemblait le monde
professionnel luxembourgeois à l’invitation de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), a eu pour conférence
plénière la présentation par AXA Luxembourg des résultats de son 1er Baromètre Santé AXA plus spécifiquement
analysé sous l’angle de la population active luxembourgeoise. Afin de donner aux employeurs du Luxembourg un
éclairage sur l’état de santé des salariés et actifs résidant au Luxembourg, AXA avait synthétisé les principaux
enseignements de cette étude et proposé des pistes susceptibles de les aider à mettre en place des politiques
spécifiques.
Les salariés surestiment leur état de santé et prennent des risques…
 seuls 30% des personnes résidant et travaillant au Luxembourg sont objectivement en
bonne santé
Si 87% des résidents actifs âgés de 18 à 65 ans se déclarent en bonne santé, score qui atteint même 89% pour les
35-44 ans, malheureusement seuls 30% le sont réellement ! Une série de 5 indicateurs permet en effet de mesurer le
décalage entre la perception du répondant sur son état de santé et la réalité de sa situation. Le poids, la qualité du
sommeil, le niveau de stress, la dépression ou l’existence d’une maladie chronique permettent ainsi de vérifier,
suivant le nombre d’indicateurs positifs, ce qu’il en est réellement de la santé de la personne interrogée. Ce qui
permet ainsi de voir que 60% des personnes se déclarant en bonne santé sont en réalité en mauvaise santé…
 moins d’un actif sur deux a un poids normal
Il est clair que la population luxembourgeoise a un problème de poids (54% des actifs sont en surpoids, dont 19%
sont obèses). Les actifs hommes, avec près de 60%, sont d’ailleurs largement plus concernés que les femmes (47%).
Plus on vieillit et plus on grossit. Et à partir de 45 ans, l’indice de masse corporelle (IMC*) montre que 30% des actifs
sont obèses…

une alimentation déséquilibrée pour 60% des gens qui travaillent
Si 73% des répondants ont le sentiment d’avoir une alimentation équilibrée, ils ne sont en fait que 42% des femmes
et 38% des hommes à le faire réellement (selon l’indice IDA*) ! 93% des gens qui travaillent grignotent, au moins
occasionnellement, entre les repas, dont 23% qui le font tous les jours. 88% des personnes déclarent qu’ils pourraient
avoir une meilleure alimentation. Mais pour la majorité d’entre elles, elles n’en ressentent ni le besoin, ni l’envie
(55%). Beaucoup considèrent en revanche que c’est compliqué, pour raison de temps ou d’argent (48%).
 des niveaux alarmants pour l’alcool et le tabac
89% des personnes qui travaillent consomment de l’alcool. Et 47% des actifs interrogés ont une consommation
d’alcool qui représente un risque pour leur santé ! Ce chiffre est plus élevé pour les hommes, dont 25% sont d’ailleurs
ouvertement dépendants de l’alcool (contre 12% des femmes)... Près de la moitié de ces hommes dépendants
souhaiteraient agir sur leur consommation pour préserver leur santé.
Dans un registre similaire, 77% des personnes interrogées n’a jamais fumé ou a arrêté de fumer. Ce qui est
inquiétant, c’est que 54% des fumeurs ont une pratique à risque majeur de cancer !
… et pourtant, les Luxembourgeois sont bien sensibilisés
 la santé, 1er sujet de préoccupation des actifs en 2013
78% des résidents actifs citent la santé comme leur principal sujet de préoccupation, avant même la qualité de leur
environnement, le logement ou encore le pouvoir d’achat… De manière générale, 88% déclarent se préoccuper de
leur santé. Et pourtant, seuls 17% de la population active déclare agir quotidiennement pour préserver sa santé… Ce
n’est pas par manque de sensibilisation puisque 82% des actifs se disent bien informés sur les pratiques à adopter,
niveau de connaissance qui augmente avec l’âge. Cependant, si certains sujets comme le tabac ou l’alcool sont bien
connus, les besoins d’informations se concentrent sur l’alimentation, le stress et le sommeil.
 un employé sur deux agit pour sa santé
La mise en relation des déclarations des répondants avec 7 indicateurs d’hygiène de vie (relations sociales
régulières, pas ou peu de tabagisme, pas ou peu de grignotage, suivi médical régulier, consommation modérée
d’alcool, activité physique suffisante, alimentation équilibrée) permettent de conclure que 46% des personnes
exerçant une activité professionnelle agissent effectivement de façon active pour préserver leur santé, c’est-à-dire
sont positifs sur 5 indicateurs au moins. Cela veut aussi et surtout dire que 54% de la population active résidente ont
une hygiène de vie moyenne, voire mauvaise !
L’entreprise a un rôle majeur à jouer, à différents niveaux
 repérer les problématiques cruciales
Il reste donc beaucoup de travail à faire, notamment pour repérer les thèmes de santé importants qui pourraient
expliquer et faire évoluer le décalage entre l’état de santé que les actifs pensent avoir et leur état de santé réel.
L’entreprise peut mettre en place des processus pour faire émerger les problématiques importantes (surpoids,
alimentation, alcool, tabac, dépression, stress…), pour rassembler les informations, avant même tout plan d’action

pour faire évoluer la situation. La sensibilisation seule ne suffit pas, puisque la population active semble déjà bien
informée.
 éviter les comportements à risque
Le monde du travail, où l’on passe une grande partie de son temps de vie « éveillé » à l’âge adulte (période de la vie
où l’état de santé dans la vieillesse se prépare au quotidien) semble donc être le lieu privilégié pour une prise de
conscience et pour la mise en place de cadres évitant les comportements à risque (plutôt que de les ignorer en
considérant que l’on est dans le domaine de la vie privée). Si les mentalités ont beaucoup évolué sur le tabagisme sur
le lieu de travail, en est-il de même sur l’alimentation, la consommation d’alcool ou le stress ? L’employeur, une fois
repérées les problématiques collectives et individuelles, peut mettre en place des gardes fous allant beaucoup plus
loin que la sensibilisation, par l’encadrement de certains comportements, des check up réguliers, des mesures de
prévention comme certaines interdictions…
 influencer les pratiques
Les entreprises et institutions, publiques et privées, peuvent développer toutes une panoplie de mesures et d’outils
pour avoir un impact sur les pratiques quotidiennes de leurs salariés. Dans le domaine de l’alimentation, de l’activité
physique, du lâcher prise ou du suivi médical, il est possible d’influencer les pratiques par des mesures de motivation,
d’évaluation positive et de récompense des efforts entrepris par les salariés.
 accompagner les salariés dans la prévention
Il est important pour cela que l’employeur puisse accompagner les actifs dans la prévention et les bonnes pratiques
dans le domaine de la santé mentale et physique: coaching, programmes de suivi, checks-up réguliers, mise à
disposition d’outils facilitant la prise en charge de sa santé au quotidien sont autant de facilitateurs qui pourraient
permettre aux actifs d’agir en faveur de leur santé, et surtout d’agir durablement, condition essentielle pour que les
salariés soient réellement en bonne santé sur le long terme.
AXA Luxembourg a mis en place depuis plusieurs années des mesures en faveur de la prévention de la santé de ses
salariés. Suite aux résultats de cette étude, elle a décidé d’étudier comment renforcer sa politique et d’agir aux
différents niveaux mis en exergue dans l’étude. Xavier Güell, nouveau DRH d’AXA Luxembourg depuis septembre
2013, élabore actuellement un plan d’action spécifique. « Les entreprises et l’ensemble des employeurs doivent
prendre conscience de l’importance centrale du rôle qu’ils peuvent jouer pour faire évoluer les comportements en
matière de prévention santé. Il en va de notre responsabilité sociale d’accompagner les salariés dans cette
démarche » a-t-il déclaré devant les entreprises et institutions présentes lors de ce Forum Sécurité & Santé au travail.